fragile, si fragile est la vie, j'en fais une fois encore l'expérience.

maman, ma maman, celle que l'on croit lorsqu'on est enfant : immortelle, celle qui est là, comme un ange gardien auprès de nous, pour qui nous serons à jamais enfant même en vieillissant, ma maman à qui ces dernières année, je sers presque de maman, est devenue fragile,très fragile, je le savais, mais je feignais parfois de l'oublier pour reculer l'inéluctable, l'impensable.

son coeur, son coeur tendre et bouillonnant a de plus en plus de mal à battre, et maman, ma maman, qui aime tant la vie a des paroles de renoncement que je ne lui connaissais pas, des paroles comme pour nous dire au revoir, pour nous préparer à la séparation.

elle est une toute petite femme si faible, si vulnérable, que comme les feuilles d'automne au vent, j'ai parfois l'impression qu'elle va s'envoler.

j'écris ces mots car mon coeur est plein de tristesse et aussi pour conjurer le sort, comme pour reculer l'écheance d'une chose que je sais se rapproche de plus en plus, je n'ai pas l'habitude de parler de mes sentiments, mais j'ai l'impression que de vous dire cela, de vous faire partager mon désarroi et celui de Fanchon, va forcer le destin, va permettre à maman de cheminer encore avec nous, j'espère qu'elle sortira de la clinique, que la vie me donnera encore la chance de l'entourer d'amour et de tendresse dans sa maison où elle se plaît tant.

bois_automne